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Sainte-Anne, nouvelle commune

Sainte-Anne d’Estrablin

section de la commune de Châtonnay, 1857 – 1865

 

08 Septembre 1857

Sans que l’on ne connaisse véritablement les motifs au départ, Sainte-Anne d’Estrablin, simple section, employait tous les motifs, vrais ou faux, afin d’être érigée en commune distincte. Le 8 septembre 1857, le sous-préfet de l’arrondissement de Vienne (de Castellane) écrivait au maire de Châtonnay :

 » … les 2 et 25 août dernier, j’ai eu l’honneur de transmettre à M. le Préfet Bérard les demandes présentées par les habitants de Sainte-Anne d’Estrablin …  « 

Quand à Monsieur le Préfet, il précisait qu’il n’y avait pas lieu d’y donner suite et la demande a été transmise à Monsieur le Ministre de l’Intérieur.

Un peu plus tard, une nouvelle demande était formulée dans une pétition « écrite de la main de Monsieur le Commissaire de Police » de Saint-Jean de Bournay. Elle avait été déposée à la Sous-Préfecture de Vienne le 16 avril 1858, moins de deux mois avant les élections cantonales, celles qui mettaient  en opposition E. Peyrieux de Saint-Jean de Bournay, et Alphonse Jocteur Monrozier de Châtonnay.

Quels étaient les arguments des habitants de Sainte-Anne ?

Dans la pétition des habitants de Sainte-Anne, adressée à Monsieur le Préfet, les arguments présentés étaient les suivants :

  • La distance moyenne de 4 km du chef-lieu communal, qui ne permettait pas de surveiller les propriétés convenablement,
  • le garde – champêtre ne pouvait  étendre partout effectivement ses investigations,
  • les chemins vicinaux ne recevaient aucune amélioration,
  • les ressources communales dépensées en travaux au chef-lieu de la commune, Sainte-Anne n’ayant jamais obtenu aucune subvention pour réparer les édifices publics.

 

Des procédés peu équitables pouvaient  se traduire en luttes sanglantes

Après avoir expliqué leurs désaccords sur le plan financier, les pétitionnaires  expliquaient que la séparation était indispensable et commandée par des considérations d’ordre public, qui se sont produites aux dernières élections  de la commune de Châtonnay.

Les pétitionnaires présentaient également des arguments qui démontraient que la séparation était possible : la section possédait une église qui était  succursale depuis 1838, un presbytère nouvellement reconstruit, deux écoles pour les deux sexes, une salle spacieuse pouvant facilement servir de Mairie.

Après cette « discrétion », Châtonnay aurait encore plus de 2300 habitants et 300 hectares de superficie. Les soussignés suppliaient humblement Monsieur le Préfet de faire instruire leur demande et d’être autorisés à nommer une commission syndicale.

La pétition avait été revêtue de 35 signatures, dont plusieurs apposées par des enfants fréquentant l’école du Sieur Simon, instituteur à Sainte-Anne d’Estrablin, l’un des « meneurs » de cette affaire. Par un arrêté du 29 mai 1858 (quatorze jours avant les élections) Monsieur le Provost de Launay, Préfet de l’Isère, ordonnait une enquête de commodo et incommodo, et nommait le Maire d’Eclose pour la diriger.

Mais l’unanimité n’existait pas parmi tous les habitants de la section de Sainte-Anne, car tous ceux des hameaux des Bouvaratières et du Bally s’étaient prononcés contre la séparation, M. le Commissaire , chargé de l’enquête prétendait qu’ils l’avaient fait, contraints et forcés, (l’information était démentie). Si les habitants de Sainte-Anne parvenaient à obtenir leur séparation, les autres hameaux de la Bâtie, Vollandière, le Mollard, les Effeulliers pourraient prétendre avoir davantage de droits à une séparation que les habitants de Sainte-Anne.

Le rapport au Conseil Municipal de Châtonnay, signé par Alexandre Tourton (propriétaire), Pichat (notaire), Charoud (propriétaire, adjoint au maire) le 24 avril 1859, précisait les points suivants :

… l’irritation signalée par les pétitionnaires, prêtait, disaient-ils, à se traduire en lutte sanglante, mais n’existe que dans leur imagination. Pour les besoins de leur cause, ils avaient  cherché à faire naître des querelles…

Le 30 mai 1858, quelques habitants de Sainte-Anne d’Estrablin, l’instituteur Simon en tête, revenaient de Saint-Jean de Bournay, et se trouvaient sur la place de Châtonnay, proféraient de grossières  injures contre les habitants du bourg. Peu de jours après l’élection de Monsieur Peyrieux, celui-ci et les principaux meneurs de sa candidature, furent invités à dîner chez Monsieur le curé de Sainte-Anne. Les cloches de l’église de Sainte-Anne furent mises en branle à l’arrivée et au départ de M. Peyrieux.

La création d’une nouvelle commune se traduirait par une augmentation des charges, sans aucune composition. La commune de Châtonnay possédait de nombreuses forets, beaucoup d’étangs, ce qui ne serait pas le cas pour Sainte-Anne.

Par une loi du 12 juillet 1865, la section de Sainte-Anne d’Estrablin était érigée en commune distincte

L’ancien conseil municipal de Châtonnay avait été tellement froissé que tous ses membres, à l’exception de cinq appartenant à la section de Sainte-Anne, donnèrent  leur démission dans le courant de l’année.

Le 16 octobre 1948, Sainte-Anne  d’Estrablin prit le nom de Sainte-Anne sur Gervonde. De nombreuses confusions ou  erreurs avaient lieu avec le village d’Estrablin, près de Vienne.

 

Sources :

  • Délibérations du conseil de Châtonnay, Ms 191, bibliothèque de Vienne
  • « Châtonnay, à la recherche du temps passé »

 

Auteur :

Jean-Charles Fillon
Mas de la Basquière, 3 place de la gare, 38440 CHATONNAY
Blog Dauphiné et Tropiques

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