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logo du 900è anniversaire de la fondation de l'Abbaye de Bonnevaux

Le Prieuré de Laval Bressieux

Que reste-il des cinq siècles d’occupation monastique du Val Bressieux ?

Un vallon étroit où coule la rivière de la Béïs, une ferme construite sur les ruines d’un ancien mur médiéval et quelques rares notices censées faire la lumière sur ce saint lieu.Et puis en 1988 un ouvrage très documenté, produit par Marie Renée Michel « Trois abbayes de cisterciennes en Dauphiné » venait cerner au plus près de la vérité l’histoire de cette grande abbaye de moniales.

Fondation du Prieuré de Laval Bressieux

Les premières mentions de son existence sont liées à la création de l’abbaye de Bonnevaux. Le vallon occupé par des moniales est un site qui correspond parfaitement à l’idéal cistercien. Isolé des zones habitées, un fond de vallée où serpente un ruisseau alimenté de plusieurs sources, il ressemble au lieu de Bonne Fontaine là où débute la vallée de Gère ; là où va naître la grande abbaye cistercienne du Viennois. L’ambitieuse fondation de Bonnevaux soutenue par le futur pape Callixte II reflète la grandissante popularité de l’ordre cistercien. Dès l’installation de la première communauté, plusieurs seigneurs, chevaliers et vassaux désirent entrer à l’abbaye comme moines. Se pose alors le problème d’assurer l’avenir monastique de leurs épouses et filles souhaitant agir de même. Les seigneurs de Bressieux ont-ils proposé à l’archevêque de Vienne et au premier abbé Jean de fonder un monastère de femmes dans leur mandement ? Est-ce en 1119 lorsque Amédée de Clermont, seigneur d’Hauterives, se présente à l’abbaye accompagné de son fils et de seize chevaliers ? Sa femme et sa fille ainsi que la plupart des épouses de ses compagnons entrent au prieuré de Laval Bressieux. Il s’agit bien d’un prieuré et non d’une abbaye.

Au XIIème siècle les cisterciens n’acceptent pas de monastères féminins dans leur ordre. Ils considèrent que la règle de Cîteaux ne peut être suivie par des moniales à cause de son austérité. L’abbaye du Tart, fondée en 1120 par l’évêque de Langres, le seigneur du lieu et Etienne Harding, adopte une règle «mitigée» de Cîteaux. Les coutumes cisterciennes sont assouplies et le monastère bénéficie d’une grande autonomie de fonctionnement. Le Tart évolue de manière parallèle à Cîteaux, elle fonde d’autres établissements de moniales et tient son propre chapitre général.

Laval-Bressieux et Bonnecombe (cité à St Paul d’Izeaux dès 1120) sont des prieurés de la mouvance de Bonnevaux qui pratiquent une règle de tradition clunisienne, selon les usages du prieuré féminin de Marcigny. Au XIème siècle de nombreux monastères de femmes adoptent les coutumes de Marcigny. C’est le cas de St André le Haut à Vienne, les chanoinesses nobles qui suivaient la règle de St Césaire d’Arles deviennent des moniales bénédictines.

Ouverture des monastères aux femmes

En 1201, la troisième bulle pontificale d’Innocent III est contresignée par Agnès, prieure de Laval-Bénite. Le prieuré ne devient abbaye qu’à partir du XIIIème siècle. Le chapitre général de Cîteaux de 1213 intègre définitivement les monastères de moniales dans son ordre et impose la clôture stricte, condition primordiale à toute nouvelle incorporation. La branche féminine existe officiellement et l’assemblée des abbés va devoir légiférer pour elle. Dès lors, l’abbaye Notre Dame de Laval-Bénite de Bressieux peut figurer en première place dans la filiation féminine de Bonnevaux.

Ainsi l’histoire du commencement cistercien se duplique à chaque nouvelle implantation. L’exemple de l’abbaye première à Cîteaux qui en 1112 fonde Jully pour accueillir les femmes et filles de chevaliers se vérifie ici avec Bonnevaux et Laval Bressieux ou encore avec Tamié (1132) qui fonde le prieuré féminin de Betton (1133).

Pourtant il existe une anomalie pour le cas de Bonnevaux. Elle vient perturber le cheminement traditionnel des fondations. Elle provient du dictionnaire historique de Guy Allard qui cite le nom de Jeanne à la tête du monastère de Laval-Bressieux en 1117 ! (élément relevé dans un ancien inventaire de manuscrits inconnus des autres historiens). Dans ce cas une nouvelle donne apparait : le prieuré du Val-Bressieux pourrait être antérieur à Bonnevaux. Mais les pistes sont brouillées. Il faut chercher ailleurs là où personne ne s’est encore aventuré et étayer une nouvelle hypothèse qui prendrait naissance au XIème siècle.

Alors une autre histoire commence…

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