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logo du 900è anniversaire de la fondation de l'Abbaye de Bonnevaux

Le Site de l’Abbaye

L’abbaye de Bonnevaux, 6ème fondation de Citeaux, a été implantée en Viennois au début du XII ème siècle, avec pour missions d’assurer le développement de l’ordre dans le grand quart sud est de la France. Au cours de ses sept siècles de fonctionnement, ce grand monastère, aujourd’hui disparu a laissé des traces dans l’histoire, les territoires et l’architecture rurale. L’association Mémoire de Bonnevaux, créée en 1989, s’active depuis à faire redécouvrir le rayonnement de cette abbaye cistercienne au travers de ses anciens domaines.

Au commencement était la rivière de Gère et sa vallée étroite, entourées par la forêt de Marc.

Theudère, le fondateur de la célèbre abbaye de St Chef, s’y arrêta et, séduit par le lieu, fonda un petit monastère. Une communauté de paysans se rassembla autour de l’église et la villa de St Symphorien de Marc vit le jour en ce milieu du VIème siècle. La christianisation était en marche. Vers l’an mil, le prieuré de St Julien de l’Herms, dépendant de l’abbaye de St Pierre de Vienne patronnait la petite paroisse. Quant aux bénédictins de St Theudère, ils avaient, plus en amont, fondé un second établissement monastique à l’endroit dit de St Martin de Lieudieu.

Lorsque, au XIème siècle, les mandements remplacent l’ancien découpage territorial de l’époque carolingienne, le territoire de Marc est contrôlé par les puissants seigneurs de Beauvoir. Les châteaux sur mottes quadrillent la région. Ils symbolisent un  nouveau pouvoir, celui des seigneurs châtelains. C’est dans ce contexte qu’au début du XIIème siècle les moines de Cîteaux vont prendre racines dans ce fond de vallée, où serpente la Gère, appelé Bonne Fontaine. Les cisterciens vont bouleverser l’ordre établi et avec eux va naître un espace nouveau celui de la Bonne Vallée de Marie, Bonnevaux. Aujourd’hui la forêt et tout le massif qui s’étend de Champier à la Chapelle de Surieu porte ce nom hérité des moines blancs.

Quant à la paroisse de St Symphorien de Marc, qu’est elle devenue ? Jugée trop proche du nouveau monastère elle sera déplacée plus en aval à l’endroit où se trouve l’église actuelle de Villeneuve. Les bénédictins de St Julien de l’Herms ont voulu favoriser le développement de la nouvelle communauté de St Symphorien sur leurs terres en érigeant une seconde église.

Cette réalisation va cependant subir, dès le XIIIème siècle, la concurrence de la ville neuve voulue par le seigneur Aymar de Beauvoir. Le châtelain va favoriser l’installation des populations environnantes à l’intérieur du bourg muré par la rédaction d’une charte d’affranchissement jugée plutôt avantageuse pour les nouveaux habitants. Ainsi deux communautés vont cohabiter sur le même lieu avec sans doute deux églises distinctes.

Aujourd’hui,  le village de Villeneuve de Marc est sorti de ses murailles, disparues depuis longtemps. Il englobe les deux sites ancestraux et garde des témoins précieux de cette époque : le château féodal remanié depuis, mais toujours en élévation, et les vestiges de la deuxième église de St Symphorien, ceux-ci sont visibles dans la façade Ouest de l’église actuelle qui a été construite en 1838 avec les dernières pierres de l’abbaye de Bonnevaux.

Et puis bien plus tard, un jour du mois de Mai, de l’année 1989, en ces lieux endormis, une association est née. C’était à la conciergerie de l’ancien monastère. Et la mémoire prenait place pour raconter cette formidable histoire :

Au commencement était la rivière de Gère…